30.04.2009
Les filles des champs de l'oise
Bon soir,
La journée se termine comme elle a commencé : sous le soleil qui illumine la picardie . Réjouissons-nous de la vie que nous pouvons mener entourées de betteraves et de pommes de terre …
Ah, je vous imagine vous esclaffer et vous dire amusé(e)s : Karine a enfin suivi les conseils de miss KiKi et de Zencool et a longuement médité sur l’aspect positif de son passage sur les terres de l’oise durant ses deux semaines de vacances . D’autres , vilaines langues , se diront que je bois trop de vin pour rendre hommage à l’histoire de Clermont ( eh oui, incultes , « nous » avions de beaux vignobles ici « dans le temps d’avant » ) .
Je vais prendre le risque de décevoir les premier(e)s : il ne suffit pas de faire la grenouille pour accéder à la sereinité d’un bouddha au gros ventre et le chemin est encore devant moi . Quant aux vipères œnologues , je me contente de leur tirer la langue !
Quelques rayons de soleil et l’arrivée d’un printemps hésitant suffiraient donc pour répandre la bonne humeur ?
Ne comptez pas sur moi pour acquiescer à des propos si simplificateurs d’une réalité si complexe qu’elle ne se laisse appréhender qu’avec des pincettes !
En réalité ce qui en ce moment me rend si satisfaite de mon sort , c’est que je viens de lire le
programme télé du soir . Et ce soir sur France 2 à 22h55 , vous pourrez découvrir que si vous aviez vécu à Berlin en 1945 en tant que filles , vous auriez couru un grand risque en ces lendemains d’une guerre douloureuse . C’était le printemps aussi et l’armée rouge prétendait « libérer » la ville . Mais bon vous le savez guerre + esprit de conquête + groupe d’hommes égalent souvent assaut sur les corps des femmes . Le documentaire « Filles des ruines « de Xavier Villetard vous apprendra que il y eût en ce temps plus de cent mille femmes victimes de viols en série . Il vous l’apprendra à travers des extraits de journaux intimes de trois Berlinoises qui ont continué d’écrire en toute circonstance .
Et vous auriez voulu qu’après avoir lu ceci ( pour en savoir plus j’ai lu la critique plus détaillée de Olivier minot dans Télérama 3093 page 130 ) ?
Les chiffres ça ne me rassure pas mais ça circonscrit le champ des possibles . Et la monstruosité de la barbarie nazie a occulté durant des décennies bien d’autres horreurs que nous n’aurions sans doute plus été capables de regarder en face .
Je ne sais pas si je vais veiller ce soir pour regarder en face la barbarie qui couve en nous , humains . Ce soir je me contente de savourer les derniers rayons de soleil en m’émerveillant de la délicatesse des coups de pattes de Yokonoké qui jongle avec de jolis papillons sans leur arracher les ailes . Je suis à Clermont en Avril 2009 et je ne tiens pas de journal intime pour exorciser mes drames les plus intimes .
A demain les filles …and co .
Karine
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