27.07.2007

Cinéma: quand la Roumanie ose l’homosexualité



Avec « Love sick » de Tudor Giurgiu (en salles depuis le 25 juillet), le cinéma roumain aborde pour la première fois frontalement l’homosexualité à travers une idylle entre deux étudiantes. Si la démarche est courageuse et le film plein de qualités, il n’en pose pas moins des questions…
Pas plus que le reste de l’ancienne Europe de l’Est, la Roumanie n’est un paradis pour les gays et les lesbiennes. Et si l’homosexualité y a été dépénalisée en 2001, la question homo reste une des lignes de tension très fortes au sein de la société comme en témoignent les affrontements se déroulant chaque année lors des Gay Pride. La troisième édition de celle de Bucarest, début juin, a ainsi vu les 300 manifestants être l’objets d’innombrables quolibets et de jets de pierre malgré une imposante protection policière.

Dans ce contexte, qu’un film roumain ose prendre l’homosexualité pour sujet est d’autant plus courageux que « Love sick » le fait avec un assez étonnant naturel, évitant la plupart des clichés notamment celui si fréquent dans les films sur l’adolescence (en particulier féminine) où l’homosexualité n’est qu’un passage avant le retour à la raison, et donc à la norme hétéro. Ici, les deux héroïnes ont beau être des étudiantes et leur liaison passionnée a beau se diriger vers un échec inéluctable, rien ne laisse penser que la fin de cet amour « déviant » annonce pour la suite des désirs revenus dans le droit chemin.

Autre cliché habilement désamorcé par un film qui s’ingénie décidément à surprendre en installant dans la si traditionaliste Roumanie une vision de l’homosexualité assez proche de celle qu’on trouve en Occident : sa façon de ne jamais lier homosexualité et culpabilité. Pour Alex et Kiki, la nature de leur amour n’est jamais un problème et si elles le cachent, c’est parce qu’elles savent bien que pour leur famille comme pour le reste de la société roumaine, les choses sont moins évidentes. D’ailleurs, ce n’est ni la pression extérieure ni une quelconque difficulté à assumer leur homosexualité qui va provoquer la rupture entre les deux jeunes mais cette cause si fréquente (dans toutes les formes de couples) qu’est la perte de confiance de l’une en l’autre.

Ainsi, si « Love sick » comporte son lot de drames, de crises existentielles, de douleurs et de mal-être, il est assez sidérant de remarquer que l’homosexualité n’en est jamais la cause ! On peut penser sans grand risque de se tromper qu’il en serait allé très différemment si le film de Tudor Giurgiu avait pris des garçons pour héros, l’homosexualité masculine et sa représentation étant infiniment moins acceptables par les spectateurs. Pourtant, là encore, Tudor Giurgiu, en s’accommodant de cette contrainte, en contourne l’écueil principal auquel n’échappait pas un récent film serbe auquel « Love sick » fait parfois penser, « Respire ! » (sorti en DVD chez Antiprod) : celui de l’esthétisation sexy (à destination des spectateurs mâles) de la relation de tendresse et de désir entre les deux filles.

N’y a-t-il donc rien à reprocher à « Love sick » dans sa manière d’appréhender l’homosexualité ? Malheureusement si. Car pour faire passer la pilule de cet amour différent, le réalisateur le met en balance avec un tabou encore plus fondamental que l’homosexualité : la passion incestueuse dans laquelle se débattent Kiki et son frère Sandu. Manière presque subliminale de faire comprendre au spectateur que la citadine Kiki, tiraillée entre ces deux désirs hors normes, n’est elle-même pas très normale et qu’elle a en quelque sorte « contaminé » l’innocente campagnarde Alex.
On le voit. Malgré les avancées indéniables qu’il propose, « Love sick » est loin d’être aussi clairement progressiste qu’il peut paraître au premier abord. N’empêche qu’avec ce film, un pas a été franchi en Roumanie : le premier d’une longue route…

"Love Sick": le film

Etudiante à l’université de Bucarest, Alex quitte l’internat insalubre pour s’installer dans une chambre de l’appartement d’une vieille dame, dans un immeuble où vit également son amie Kiki. Entre les deux jeunes filles, l’amitié va peu à peu laisser place à une attirance amoureuse à laquelle elles se livrent sans réticences. Tout irait pour le mieux si Kiki n’entretenait pas, en parallèle, une relation conflictuelle avec son frère Sandu dont la jalousie dévorante laisse deviner des sentiments autres que purement fraternels. Lors d’un séjour à la campagne, tout éclate…

« Love sick », de Tudor Giurgiu, avec Maria Popistasu, Ioana Barbu, Tudor Chirila. Sortie le 25 juillet.

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Violette & Co : les évènements de la rentrée


La librairie Violette & Co annonce déjà quelques dates d'évènements en septembre :

-Jeudi 13 septembre à 19h : Rencontre avec FRANCOISE LAPEYRE autour de son essai Le roman des voyageuses françaises 1800-1900 (Payot)

-Mercredi 19 septembre à 19h : Rencontre avec CATHERINE GONNARD et ELISABETH LEBOVICI pour la parution de leur livre Femmes artistes / artistes femmes (Hazan)

-Samedi 22 et dimanche 23 septembre : Violette and Co tient une table de vente au Festival Femmes en résistance (salle Jean-Vilar, Arcueil) dont le thème cette année est "Femmes en résistance à l'enfermement". Un festival militant de films documentaires qu'on a rarement l'occasion de voir. Infos : www.resistancesdefemmes.org

-Dimanche 30 septembre : En partenariat avec l'association Salle et Obscur, projection du film de Jacqueline Audry Olivia avec Edwidge Feuillère, suivi d'un débat autour du film et du livre Olivia.

Violette & Co. au 102, rue de Charonne, Paris XIème, métro Charonne, 01 43 72 16 07 (www.violetteandco.com)


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Michel Chomarat : la mémoire vive !


Michel Chomarat a créé, à Lyon, le plus important centre français de de ressources documentaires gay et lesbiennes. Il explique sa démarche et revient sur l’échec dramatique du projet de centre d’archives LGBT parisien.
Militant gay important, passionné d’archives et d’histoire(s), Michel Chomarat a réussi un incroyable pari : créer le premier centre de ressources documentaires gay et lesbiennes hébergé par une institution publique. C’est la Bibliothèque municipale de Lyon (une véritable institution) qui accueille depuis 2005 cette collection unique en France. Unique aussi est la démarche de Lyon, première ville en France a avoir investi avec "lisibilité" comme le dit Michel Chomorat et intelligence dans le champ des Gay and Lesbian Studies et plus largement de la Mémoire LGBT. La réussite spectaculaire de ce projet tranche douloureusement avec le capotage en règle du projet de centres d’archives de Paris. A la faveur de la publication d’un superbe album "Follement gay !" consacré à l’homosexualité dans les collections de la Bibliothèque de Lyon, "Illico" a choisi d’interviewer le maître d’œuvre de ce projet, un des rares hérauts (héros ?) de notre mémoire : Michel Chomarat. 

L'interview


Depuis quand vous intéressez-vous à la mémoire gay et lesbienne ?

En tant que militant gay, j’ai toujours archivé les nombreux événements auxquels j’ai été confronté comme l’affaire du Manhattan à Paris en 1977 [la police avait alors investi une des premières backrooms de l’époque] et les procès qui ont suivi, la création en 1981 du GLH [Groupe de Libération Homosexuelle] à Lyon, la mort de Pierre Jeancard en 1981 [l’auteur du mythique livre SM gay "La cravache" ], mais c’est l’apparition du sida et la brutale disparition de la plupart de mes amis qui m’ont fait prendre conscience que si je devais leur survivre, je leur restituerai publiquement, tôt ou tard, leur mémoire… J’ai aussi pris conscience très tôt que lorsque l’on fait partie d’une minorité, on est nécessairement dans une forme de sursis et que l’on se doit de laisser les traces de cette histoire aux générations futures.

Comment expliquez-vous le peu d’intérêt des gays et des lesbiennes pour la conservation de cette mémoire ?
Je comprends, notamment chez les plus jeunes, le peu d’intérêt pour les questions de mémoire et d’histoire des gays et des lesbiennes car tout cela est quand même assez tragique et ils veulent tourner la page, pensant que tout ce qui a été acquis ces dernières années ne sera jamais remis en cause…
Je pense qu’ils se trompent totalement car l’histoire n’a jamais été linéaire. Elle est faite, en permanence, d’avancées et de reculs. A ce
titre, la récente déclaration des plus hauts responsables religieux lyonnais contre le mariage et l’homoparentalité est un signe qui doit nous inciter à la plus extrême vigilance. Malgré tout, certaines avancées sont à noter comme l’appropriation de ces thèmes par de jeunes universitaires courageux qui n’hésitent pas à bousculer les habitudes frileuses de l’université française totalement absente sur ces thématiques contrairement aux anglo-saxons.

Quels sont les enjeux de la sauvegarde de cette mémoire et qu’avez-vous mis en place dans ce domaine ?

La mémoire LGBT est extrêmement fragile, elle est en cours de construction. Les militants des années 70-80 qui ont survécu au sida, au suicide, aux discriminations de toutes sortes, épuisés par des luttes incessantes, se sont peu inquiétés de leur propre archivage. Les institutions publiques encore moins. Il y avait urgence et en ce début de XXIe siècle où nous sommes un peu moins dans l’urgence, nous pouvons enfin réfléchir à ce que nous avons vécu et le mettre en perspective. Aujourd’hui, nous devons être de véritables collecteurs de mémoire afin de constituer les bases de cette histoire en cours d’élaboration.

Vous avez réussi à créer l’unique centre de ressources documentaires gays et lesbiennes en activité en France. Comment cela s’est-il déroulé ?

Ayant déposé en 1992, mes différentes collections à la bibliothèque municipale de Lyon et étant depuis 2001 le chargé de mission "Mémoire" de la Ville de Lyon, il m’a été facile de convaincre le maire, Gérard Collomb (PS) de l’intérêt de la création en France du premier centre de ressources documentaires gays et lesbiennes dans un espace public. Nous avons choisi la date symbolique du 17 Mai 2005, Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, pour annoncer officiellement la création de ce centre car au-delà du geste de commémorer, nous souhaitions nous inscrire vraiment dans la durée.

Quels étaient vos critères pour la mise en place de cette structure ?

On doit d’abord partir d’une collection qui existe, lister ses manques comme ses points forts et envisager ensuite quelle institution publique (bibliothèque, archives, musée) pourra l’accueillir et la développer dans le temps. C’est au politique d’assumer cette volonté en collaboration avec les professionnels de l’archive et du livre. Ce n’est pas aux associations ou à de brillantes individualités de se substituer à la volonté politique qui agit, dois-je le rappeler, par délégation du peuple, au nom de la République. Ce discours a le mérite de contrer ceux qui disent ou écrivent que nous encourageons le communautarisme. C’est le contraire car celui-ci se nourrit d’abord quand certains groupes ou communautés ne sont pas représentés dans l’espace public, et de fait se sentent exclus ou marginalisés. Ils ont alors tendance à créer eux-mêmes ces espaces de mémoire comme c’est le cas pour la plupart des centres de ressources LGBT dans le monde, qui sont le produit d’initiatives privées (particuliers, associations, fondations, etc…). Lyon est devenue la troisième ville, après San Francisco et New York, à avoir inclus cette démarche dans une bibliothèque publique, ouverte à tous sans aucune restriction, et bénéficiant d’une logistique considérable (site sur le net, catalogage normalisé, journal d’information, enregistrement vidéo des conférences, numérisation des documents, etc…).

Chaque année, vous organisez des Assises de la Mémoire gay et lesbienne. Quel est l’objectif de cette manifestation et quel soutien vous apporte la Ville ?

Les Assises sont un rendez-vous, chaque année au mois de Mars, depuis 2002, afin d’échanger et de se ressourcer avec les meilleurs spécialistes d’un sujet. Ainsi, nous avons abordé successivement les lieux de mémoire et l’histoire LGBT, les gays et les lesbiennes en Chine, la déportation des homosexuels, la visibilité historique des transgenres et cette année, "Lesbienne mon amour !". La Ville de Lyon finance la publication des actes, à ce jour quatre volumes ont été publiés, et la Bibliothèque prend en charge complètement le séjour de chacun des participants.

Comment a été accueilli la création du centre de ressources documentaires gays et lesbiennes à Lyon ?

La Ville de Lyon est comme la plupart des grandes villes européennes confrontée à des enjeux urbains. L’accueil et la lisibilité de la population LGBT dans la ville font partie de ces enjeux qui constituent le curseur de la modernité. Les Lyonnais ne s’y sont pas trompés en plébiscitant l’exposition "Follement Gay !" qui présentait à la Bibliothèque municipale une première sélection des documents conservés. Près de 20 000 visiteurs sont venus et nous n’avons eu, dans le livre d’or, que très peu de propos homophobes. Par contre, de très nombreux témoignages, souvent fort émouvants, ont salué cette démarche qualifiée comme courageuse et salutaire. Certains se sont même demandé pourquoi on avait attendu aussi longtemps pour organiser une telle manifestation !

Comment expliquez-vous l’échec du projet parisien de création d’un centre d’archives ?

Si on se réfère à "mes fondamentaux", je crois que l’erreur principale au départ a été de confier une réflexion à des non-professionnels. Archiver comme écrire l’histoire sont des métiers qui impliquent une expérience. On ne peut pas être uniquement dans l’affect et si nous sommes encore dans une période transitoire où ce sont essentiellement des gays et des lesbiennes qui traitent, souvent en militants, des questions de mémoire, je crois que ces sujets devront être traités ensuite par des spécialistes en dehors de toute appartenance sexuelle. L’échec de Paris est d’autant plus étonnant que des collections importantes existent comme celles de l’Académie Gay et Lesbienne, il aurait fallu négocier avec leurs responsables pour envisager un dépôt dans une institution publique en région parisienne. Je ne vois pas pourquoi ce qui a réussi à Lyon devrait obligatoirement échouer à Paris !

Propos recueillis par Jean-François Laforgerie

Follement gay !

C’est un épatant ouvrage qu’a dirigé Michel Chomorat, celui consacré à une exposition, dont il a été commissaire, présentant quelques unes des pièces étonnantes qui composent la collection LGBT de la Bibliothèque de Lyon.

Documents rares comme cette gravure, "la tentation du bosquet" du début du XIXème siècle, ou cette carte postale homophobe de 1900, textes intelligents et érudits font de cet ouvrage un document incontournable pour qui
s’intéresse à notre mémoire ou compte en découvrir ses aspects les plus inattendus, les plus anciens comme les plus contemporains. Un must.

"Follement gay ! L’homosexualité dans les collections de la Bibliothèque de Lyon". Collection Mémoire active. Ed. Bibliothèque municipale de Lyon. 25 euros.

19.07.2007

La sensualité à fleur de mots d’Oshen


Toujours aussi moqueuse, sensuelle et allumeuse, Oshen gagne en maturité avec son nouvel album, Je ne suis pas celle. La chanteuse, qui crânait dans son premier disque, Don Juan, assume enfin sa sensibilité et nous raconte, avec le ton drôle et piquant qui fait son style, les histoires pathético-comiques de son quotidien amoureux. Avec en prime un coming-out à sa sauce sur la chanson Arc-en-ciel: «Avec mes coups de langue, je te mouille arc-en-ciel.» En outre, Oshen s'est habilement entourée du toujours à la mode Vincent Ségal (Bumcello, M…) au violoncelle, qui s'est occupé de (presque) tous les arrangements, et signe en plus les paroles et les musiques –à l'exception du titre J'ai la flemme d'aimer, écrit par OrlyChap, sa copine rockeuse. Un disque qui swingue, léger comme une caresse sur les seins et doux comme un baiser dans le cou.


Ursula Del Aguila source: Têtu

Je ne suis pas celle, d'Oshen (V2).


 


18.07.2007

Homophobie dans le monde sportif

Foot : la Belgique s'engage contre l'homophobie

L'Union Belge de Football a signé le week-end dernier une charte l'engageant à lutter contre l'homophobie. La fédération belge rejoint ainsi la Football Association anglaise dans ce combat. Dans un communiqué commun, SOS Homophobie et le Paris Foot Gay regrettent que les instances françaises restent quant à elles silencieuses. " Fidèles à leur ligne de conduite actuelle, les instances françaises font toujours la sourde oreille", souligne ce communiqué qui souligne que "les déclarations de Messieurs Deschamps et Nicollin, même s'ils ont présenté des excuses, ne font même pas sourciller la Ligue ou la Fédération.(…) Faut-il donc attendre une agression homophobe sur un stade pour que les chose changent ? Faut-il qu'un équipementier célèbre organise une gigantesque opération de marketing pour que la Fédération y trouve soudainement un intérêt financier ? Faut-il attendre le coming-out ˆ suicidaire dans le contexte actuel ˆ d'un joueur français ?" Et les deux associations de conclure par un appel à la Fédération française de foot : "Nous leur demandons de reconnaître l'homophobie comme une discrimination à part entière ; nous nous tenons prêts à travailler avec elles pour mettre en place les actions adéquates en termes de prévention et d'information auprès des éducateurs, dirigeants, joueurs, supporters...

11.07.2007

sortie de la dixième muse

Numéro en kiosque
Numéro de juillet/août en kiosque !

 

> EN COUVERTURE : Angelina Jolie, une star engagée

> INTERVIEW : Suzanne Vega

> DOSSIER PEOPLE : Les love stories lesbiennes

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10.07.2007

Lutte contre l'homophobie en milieu scolaire,l'exemple de la grande bretagne

Grande-Bretagne : les écoles invitées à bannir l'homophobie

S'adressant à l'organisation britannique de défense des droits homosexuels Stonewall, Kevin Brennan, le nouveau ministre chargé de l'enfance, a indiqué que les enseignants avaient obligation d'en finir avec un langage homophobe supposé être une "plaisanterie inoffensive".
Son commentaire intervenait après la publication d'une étude de la Schools Health Education Unit qui indique que la moitié des professeurs britanniques passe outre l'usage d'un langage homophobe.
Selon le ministre, un tel langage doit être traité de la même manière que les expressions racistes.

“Ignorer ce problème, c'est être complice, a-t-il déclaré. Se détourner de cette question parceque c'est la solution de facilité, n'est pas acceptable. Non seulement parceque c'est irrespectueux et blessant, mais aussi parceque c'est le signe précurseur de persécutions plus sérieuses. Nous devons créer une culture où l'homophobie sera aussi impensable que le racisme, a ajouté le ministre".

Kevin Brennan a annoncé que le gouvernement préparait une circulaire destinée aux enfants et jeunes gens les invitant à réfléchir à l'importance de l'égalité et de la diversité dans des termes appropriés à leur âge. Il espère que les écoles joueront ainsi un rôle phare dans la lutte contre l'intolérance au Royaime-Uni.

D'après une étude menée par Stonewall, les persécutions homophobes constituent un sérieux problème dans le pays. Près des 2/3 des élèves LGBT du secondaire -soit 150,000 jeunes- ont été victimes de remarques méprisantes. Dans les écoles religieuses, cette proportion s'élève même à 3/4 des élèves.
30% des étudiants LGBT rapportent que les adultes –à la fois enseignants et personnels de l'enseignement supérieur- utilise couramment un langage homophobe.

Mis en ligne le 10/07/07

05.07.2007

cabinet Boutin, équipe d'anti-homos et anti ivg

Cabinet Boutin : une équipe d'anti-homos et anti-IVG

Une enquête du Monde révèle le profil très anti-homos et anti-IVG de l'équipe recrutée par Christine Boutin pour composer son cabinet au ministère de la Ville et du Logement.
(Photo : Christine Boutin)

On savait déjà que la ministre avait nommé un prêtre "chargé de mission pour les relations avec les acteurs locaux" dans son cabinet, il y a quelques jours. Cette nouvelle, émanant d'une catholique fervente et militante, n'avait pas totalement surpris, même si elle constitue une curiosité inédite et porteuse d'interrogations au sein du gouvernement d'une République française jusqu'ici soucieuse de laïcité.

La nomination du Père Jean-Marie Petitclerc est un fait "sans précédent" au dire même de la Conférence des évêques de France, tout comme celle du prêtre salésien de Don Bosco, qui a lui aussi rejoint l'équipe Boutin, rapporte le quotidien le Monde du 5 juillet qui s'est intéressé au profil des autres membres du cabinet de l'ancienne passionaria anti-PaCS.

Il ressort de l'enquête du quotidien du soir que son équipe ministérielle –dont il convient de rappeler qu'elle a été soigneusement contrôlée puis avalisée, et par le Premier ministre, et par le Président de la République qui l'ont fait savoir- est une petite escouade de catholiques militants qui se sont distingués par leur positionnement anti-homos ou anti-IVG, deux convictions idéologiques fondamentales de la ministre elle-même.

Ainsi, le directeur de cabinet de Christine Boutin, le préfet Jean-Paul Bolufer, est "issu de la droite catholique dure et militante, réputé pour ses prises de position contre l'avortement ou l'homosexualité", écrit le Monde. Tout comme sa conseillère technique, Christine de Chefdebien, chargée de la politique de la ville et des relations avec les acteurs locaux. Le Monde rappelle que cette dernière a été condamnée, en 1992, à quatre mois de prison avec sursis et une amende pour avoir participé à un commando anti-avortement dans le service gynécologique de l'hôpital de Pau.

Au-delà de ces recrutements de personnalités issus des mouvements catholiques conservateurs, la ministre en personne ne craint pas de poursuivre ses activités dans la sphère religieuse. Elle a conservé son titre de "consulteur" auprès du Conseil pontifical pour la famille, une organisation du Vatican.

Lire notre dossier "Assos LGBT : vigilance & dialogue face à Sarkozy".

Mis en ligne le 05/07/07


03.07.2007

Lutte contre l'homophobie n milieu scolaire

 

Discriminations à l'école : bientôt une priorité politique ?

L'Inter-LGBT a été reçue ce mercredi au ministère de l'Éducation nationale. Au programme, la lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre et la sensibilisation à la diversité des sexualités.
Reçue le 27 juin au ministère de l'Education, l'Inter-LGBT était représentée par Alain Piriou,son porte-parole, Philippe Castel, délégué àl'éducation et représentant de la FSU, et Solange Glover-Bondeau, présidente du MAG. Côté ministère, le directeur de cabinet du Ministre, son chef de cabinet et son conseiller chargé de la prospective ont reçu les délégués LGBT.

L'Inter a fait état des blocages concernant le traitement par l'Éducation nationale de la lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre, et la sensibilisation à la diversité des sexualités.
Les associations ont regretté le peu d'ampleur des actions menées, et l'inefficacité des rares instructions ministérielles.

Au chapitre des revendications, les délégués ont demandé que la ligne Azur (ligne d'écoute à destination des jeunes s'interrogeant sur la sexualité) soit enfin affichée dans les collèges et les lycées, que les personnels aient accès à une formation sur la lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre, que les interventions d'associations en milieu scolaire soit reconnues et facilitées et que des études sur le mal être des jeunes, sur la sur-suicidalité des jeunes LGBT et sur la violence discriminatoire soient menées par le ministère.

Sur ces points, l'Inter estime que des progrès ont été enregistrés. "Ces premières orientations sont de bonnes pistes de travail, fait valoir l'Inter-LGBT, qui espère que, cette fois-ci, elles donneront lieu à concrétisation dans des délais brefs".

Mis en ligne le 28/06/07

marche des fiertés 2007

700 000 personnes à la Marche pour l'égalité

700 000 personnes ont défilé samedi à Paris pour la traditionnelle Marche des fiertés avec la volonté de peser sur le gouvernement et sa majorité opposée au mariage et à l'adoption pour les couples de même sexe.
Environ 700.000 personnes ont participé à la marche, selon les organisateurs.
"Le dialogue, même difficile, avec la majorité doit se poursuivre à tout prix. Et si un jour on doit hausser le ton, on sait le faire mais ce n'est pas le moment", a déclaré Alain Piriou, le porte-parole de l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et transsexuelle (Inter LGBT, 60 associations).

Les élections passées, les partis politiques ne se bousculaient pas derrière la banderole de tête "Egalité, ne transigeons pas" : si le PS était représenté par l'élue parisienne Anne Hidalgo, le PCF par la sénatrice Nicole Borvo, les Verts par Cécile Duflot et la LCR par Alain Krivine, le Modem n'avait envoyé personne et la présence de Jean-Luc Romero, conseiller régional, n'avait rien d'une représentation officielle de l'UMP.
Un groupe d'élus socialistes se sont retrouvés autour du char d'Homosexualités et Socialisme (HES), du MJS et du PS : les parlementaires Patrick Bloche, Harlem Désir, Benoit Hamon, Danièle Hoffman-Rispal, Annick Lepetit et George Pau-Langevin, mais aussi Dominique Bertinotti ou Razzye Hammadi, président du MJS...
La députée Verts Martine Billard et l'élu écolo parisien Benis Baupin ont également pris part à la manifestation.

Les fidèles, du maire de Paris Bertrand Delanoë à Jack Lang en passant par l'animateur télé Henry Chapier, ont cette année encore répondu à l'appel, fondus au milieu des militants associatifs et syndicaux (CFDT, CGT, Solidaires, FSU, etc), les plus nombreux pour cette édition 2007.

Une foule rassemblant beaucoup de jeunes, de couples et de familles composait l'essentiel du cortège animé par les musiques déversées depuis les chars.
Les marcheurs avaient à l'esprit le pan revendicatif de cette manifestation, à savoir l'accès au mariage et le refus d'une union civile réservée aux couples de même sexe proposée par Nicolas Sarkozy, ou la reconnaissance de la parentalité.


Parmi les projets du gouvernement, ceux touchant à la santé sont vertement critiqués par les associations, dont Act Up, qui défilait avec des voitures grimées portant le slogan "Tirez sur l'ambulance, elle coûte trop cher".
"Si on applique des franchises à certaines consultations médicales ou certains soins, que va-t-il advenir des malades du sida ? du suivi des séropositifs ? de la prévention ?", lance Eric Marty, responsable de l'association.

Si la marche ne se voulait une manifestation anti-gouvernementale, un incident a tout de même pris une tournoure franchement politique. La marche a été volontairement interrompue par une centaine de militants d'Etudions Gayment, des Putes, d'Act-Up et des Panthères Roses qui ont bloqué le char de Gaylib -taxée de "caution homo" de l'UMP - avant son arrivée à Bastille. Aux cris de "Sarko, Boutin, Vanneste, on vous deteste", "Raccolage passif, répression active" ou encore "Nos identités ne sont pas nationales", ces militants entendaient dénoncer "la grande mascarade d'une organisation homosexuelle qui soutient un gouvernement homophobe, lesbophobe, transphobe, putophobe, sexiste et raciste".

A 16H00, le cortège s'est immobilisé pour observer trois minutes de silence en hommage aux victimes du sida, puis la place de la Bastille, terminus de la marche, a été peu à peu envahie par la foule et les décibels d'un concert techno qui cloturait la manifestation.

Lire notre dossier "Marche 2007 : l'égalité toujours".

> Parti socialiste : vigilant sur l'égalité des droits

Le Parti socialiste a apporté son soutien à l’édition 2007 de la marche des Fiertés dans un communiqué rappellant ses engagements sur les questions LGBT.
"Les débats sur les questions LGBT ont été nombreux au cours de ces dernières années, et notamment lors de la campagne présidentielle, où chaque candidat a été amené à préciser sa position sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, la parentalité, et plus globalement sur ses conceptions de la famille et de l’égalité. Des visions très différentes de la société ont alors été exprimées" écrit-il.
"Les socialistes continueront d’affirmer leurs positions en faveur de l’égalité des droits, et dénonceront toute tentative de transiger.
De même, les parlementaires socialistes seront vigilants pour que ne se reproduisent pas les dérapages homophobes de certains élus de la majorité actuelle, mais également pour défendre et améliorer le pacs, contrat plébiscité par les Français, et pour que la France soit une terre de solidarité avec les victimes d’homophobie dans le monde, et d’accueil pour ceux qui en sont victimes" ajoute le PS.

Mis en ligne le 02/07/07



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